La vérité corrigé des exercices du 21 22 mars.pdf



Nom original: La vérité - corrigé des exercices du 21-22 mars.pdf
Titre: La vérité - corrigé des exercices du 21-22 mars

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Notion : « La vérité »
Φ-journal de printemps - 21-22 mars / exercices / réponses
Exercice n°1 : trouvez d'autres exemples de prises de parole et, en élargissant, des
exemples de représentations produites à propos du contexte de la pandémie.
Réponses :
Louis :

Lucas :
Exemples de prises de paroles : Rendre hommage, discours de remerciements envers le personnel
soignant ou les services publics qui contribuent au bon fonc<onnement de la société en confinement. Cela
dit on peut prendre en exemple des discours informa<fs quant à l’évolu<on de la situa<on (décès de la
journée...).
Représenta<ons : études scien<fiques, ar<s<ques (culturelles : peintures livres…) comme par exemple
l’œuvre Guernica réalisée par Picasso ou encore un ar<cle de presse.
En effet, il y a peu de temps j’ai vu aux informa<ons une nouvelle occupa<on afin de permeMre aux adeptes
d’art de luMer contre l’ennui dû au confinement qui consiste en la reproduc<on d’une œuvre d’art en photo
comme par exemple la Joconde ou la mère et l’enfant de Gustav Klimt.

Paloma :

Rachel :

Pendant ce contexte de pandémie certaines personnes font des vidéos drôles sur le sport
qu’elles font chez elles (nata<on dans son bain, marathon sur le balcon etc…) et c’est une manière
de représenter son propre vécu durant la pandémie. Ou encore sur France 2 les vidéos « au
secours, bonjour » représente les types d’idio<es réalisés ou les ques<ons absurdes posées
pendant le confinement. Puis nous avons toutes les prises de paroles des ministres (éduca<on,
santé) sur les mesures à prendre, les publicités sur les gestes barrières etc…

Clémence :

Alice :

Seveline :

Paul :

Alice :

Amaya :

Lucie :

On ne sait pas qui. Ce qui n’a pas rendu sa copie sur les 3 exercices. Quelle tristesse !
Merci de mener une sorte de chasse-à-l’homme, à la personne du moins. Mais qui peut-ce être?
Quand vous saurez qui, pourriez-vous raisonner ce qui svp ? Pourriez-vous lui expliquer qu’il faut
IMPERATIVEMENT rendre les exercices AVANT de rendre la disserta<on?
U<lisez la force si besoin. Merci encore.

Exercice n°2 : répondez aux questions sur le texte suivant
« La première signification de Vrai et de Faux semble avoir son origine dans les récits ;
et l’on a dit vrai un récit, quand le fait raconté était réellement arrivé ; faux, quand le fait
raconté n’était arrivé nulle part. Plus tard, les philosophes ont employé le mot pour
désigner l’accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle idée vraie celle qui montre
une chose comme elle est en elle-même ; fausse, celle qui montre une chose autrement
qu’elle n’est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des
histoires de la nature dans l’esprit. Et de là on en est venu à désigner de la même façon,
par métaphore, des choses inertes ; ainsi, quand nous disons de l’or vrai ou de l’or faux,
comme si l’or qui nous est présenté racontait quelque chose sur lui-même, ce qui est ou
n’est pas en lui. »
Spinoza, Pensées métaphysiques (1663)

▶ questions :
a) Combien de parties dans ce texte de Spinoza (facile... elles sont marquées par des
locutions adverbiales temporelles)? Mais surtout : quel rapport entre la dernière partie et
les précédentes?
Réponse :
Ce texte présente quelques singularités, quelques bizarreries, non?
En tout premier lieu …par le fait qu’il se présente non pas comme une réflexion à
proprement parler, ou comme une aride analyse conceptuelle, mais comme une histoire,
une petite histoire contée à des enfants : l’histoire d’un mot, du mot «vrai». Il était une
fois…
Moins l’histoire d’un mot d’ailleurs que celle de son emploi, littéralement de son
acception (la façon qu’on a eue au cours du temps de le « prendre » comme on dit
« comment prends-tu ce mot? Comment l’entends-tu? »)
Cette singularité prend toute sa portée, toute sa saveur, puisque selon Spinoza le
premier emploi du mot «vrai», et du mot «faux», concernerait … les histoires : "les
récits » (l.1).
D’où la question qui survient : mais alors, ce récit, il est «vrai» …ou Spinoza nous
raconte-t-il …des histoires? Ce récit ne serait-il pas seulement un conte? Nous y
reviendrons.
Commençons par y voir clair. Pas difficile, pas du tout!, étant donné que le récit des
emplois successifs des adjectifs «vrai» et «faux» se présente comme la restitution
chronologique des différentes étapes, chronologie nettement marquée par les mots ou
locutions choisies par l’auteur : la « première signification », « plus tard », « Et de là ».
Donc, trois étapes. Indubitablement.
Il n’y a guère que la locution « et de là » qui n’ait pas un sens temporel. Le
remarquer permet d’être attentif à la rupture qui a lieu dans l’évolution de l’emploi de
l’adjectif «vrai». Car si l’emploi du mot a connu, selon Spinoza, une évolution, la question
devient :
alors, parmi ces emplois successifs, quel est l’emploi rigoureux de l’adjectif «vrai»?
Car il se pourrait que cette évolution soit en réalité une déviation, une déviance, et
qu’on fasse dire au mot « vrai » ce qu’il ne devrait pas dire. Il se pourrait que nous ne
sachions pas … vraiment employer le mot «vrai». Grave, non? On dira : il en va ainsi de
nombreux mots. Le Président de la République Française lui-même, Chef des armées,
n’emploie-t-il pas le mot « guerre » de façon inconsidérée? Voir la critique de cet emploi,
réitéré au long d’une seule et même allocution, par l’anthropologue Catherine Hass.
Certes. Mais se tromper dans l’emploi du mot « vrai » est une erreur plus grave que
dans le cas de n’importe quel autre mot - même du mot « guerre » ! - puisque, si nous ne
savons pas employer le mot «vrai», nous ne pourrons pas nous prononcer sur la vérité ou
sur la fausseté de quelque affirmation que ce soit !
C’est en ce sens que, dans cette continuité chronologique (= le récit des différents
emplois du mot « vrai »), il y a une rupture logique, une faute ou encore ce qu’on appelle
un « abus de langage » (remarquez qu’on parle d’une erreur de calcul mais d’une faute
quand il s’agit des mots, d’une « faute d’orthographe » par exemple).
Donc, la 3ème étape prend chronologiquement la suite de deux premières mais
s’inscrit dans une rupture logique avec elle.
Et, de fait, dans les deux premières les adjectifs «vrai» et «faux» qualifient des
« récits », des affirmations, des « idées », des concepts, c’est-à-dire en général des

représentations ou, pour le dire autrement, ce que les humains disent ou pensent de la
réalité, ce qu’ils disent ou pensent sur la réalité. Alors qu’au cours de la troisième étape de
l’histoire de leurs emplois, on a fait en sorte que ces adjectifs ne qualifient plus ce qui est
dit (ou pensé), mais ce qui est, la réalité elle-même, les choses elles-mêmes.
Dans l’emploi que nous faisons du mot «vrai» il semble que nous oublions la
distinction, fondamentale, entre ce qui est dit et ce qui est, entre la raison et le réel, entre le
sujet et l’objet. Si nous commençons par cette confusion, comment prétendre ensuite partir
en quête des choses, des objets, pour les connaître? Comment pourrons-nous à propos de
la réalité énoncer des affirmations vraies?
b) Trouvez des exemples de la même catégorie que l'exemple de "l'or", qu'on
qualifie, à tort, de "vrai" ou de "faux". Car on dit aussi : "une fausse dent", "un vrai
Picasso", etc. Cherchez-en d'autres.
Réponse :
Par exemple « du vrai cuir » (Chaïma), une « vraie fourrure » (Alice), des « faux
jumeaux » (Lucie)
Nb : « faux billets, fausse adresse » (Louis, Marie), « fausse signature, faux
uniforme » (Paloma), un « faux titre de transport » (Clémence) me semblent des exemples
discutables parce que billets, adresse, signature, uniforme, titre de transport, sont des
écritures, des informations ou des symboles : elles relèvent donc bien de l’ordre des
représentations.
c) Réfléchissez : que veut-on dire, en fait, quand on qualifie une chose de "vraie" ou
de "fausse"? En quoi s'agit-il d'une inversion, voire - en un mot - d'une aberration?
Réponse :
Quand je qualifie une chose de vraie (une « chose », c’est-à-dire un élément de la réalité, par
exemple cet arbre ou cette table), j’inverse le rapport entre la réalité et ma représentation de la
réalité : au lieu d’exiger de moi-même de produire une représentation (de la chose) qui se conforme
à la chose telle qu’elle est en elle-même, telle qu’elle est dans la réalité, je raisonne comme si la
réalité devait se conformer à ce que je pense, à ce que j’attends de la réalité : j’attends de la réalité
qu’elle soit à l’image de ce que j’en pense. Dès lors, que pourrait-on encore attendre d’une
« connaissance » qui viserait à …plier la réalité à ce que nous en penserions, à ce que nous en
dirions?
Non, ce ne sont pas les choses qui peuvent, en elles-mêmes, être vraies ou fausses, mais
seulement nos idées, nos images, nos paroles sur ces choses. Les choses ne sont ni vraies ni
fausses : elles sont, elles sont réelles, elles sont des réalités. Cet or n’est pas faux, il est seulement
vrai de dire que ce n’est pas de l’or et il serait faux de dire que c’est de l’or. Ce n’est même pas de
l’or « irréel » car « l’irréel » n’a pas de place dans le réel, mais seulement dans nos esprits, notre
raison, nos subjectivités qui pensent, qui se représentent le réel.
Ce ne sont pas les faits qui peuvent être vrais ou faux, mais le récit. Pas un événement mais
le reportage, pas un accident mais le constat, pas un paysage mais la description, pas un corps mais
l’image (picturale, numérisée, etc.), pas un animal mais un documentaire, pas une vie intime mais
l’aveu ou la confidence. Etc.
Pas un virus mais le rapport, l’étude, l’analyse épidémiologiques.
Bref, « vrai » et « faux » sont des adjectifs qualificatifs et leur signification impose qu’ils
qualifient non pas ce qui est mais ce qui est dit, ce qui est pensé (à propos de ce qui est). La
signification de « vrai » et « de faux » est de faire signe vers, de renvoyer à ce que nous pensons du

réel et ce que nous en disons. S’il n’y avait pas des esprits capables de se représenter le réel présent,
la question du vrai et du faux ne se poserait pas. Pas de « raison »? Ni « vérité, ni « fausseté ».
Seulement « le réel », « le réel » seulement. L’esprit porte à lui seul la responsabilité du vrai et du
faux : lui seul doit en répondre, répondre à l’exigence de vérité. Parce que c’est par un esprit,
humain - ou, si on en fait l’hypothèse, divin ou animal ou végétal - que l’exigence de vérité prend
sens.
On objectera que dans un domaine cette inversion (cette transposition ou, comme l’écrit
Spinoza dans la troisième partie du texte, cette « métaphore ») a un sens : dans le domaine des
artefacts humains, des choses fabriquées par les êtres humains : une table, une chaise, une route, un
pont, un hôpital, une école, une centrale hydro-électrique. Dans ce cas, la question se pose en effet
de savoir si la chose fabriquée réalise fidèlement l’idée qu’on en avait conçue avant de « réaliser"
cette idée, c’est-à-dire de la rendre « réelle ». Dans le monde anthropisé où nous vivons, ces
choses-là sont particulièrement nombreuses, voire quasi omniprésentes : des tables et des chaises,
mais aussi des des organismes génétiquement modifiées et des orbites terrestres sillonnées par des
satellites artificielle. N’est-ce pas un problème? Et ce problème ne viendrait-ils pas de cette emprise
technicienne de notre rapport au réel qui veut faire de toute chose un artefact que nous maîtriserions
- ou croirions maîtriser?
Exercice n°3 : trouvez vous-même 2 ou 3 exemples d'énoncés mensongers qui
constituent, à l'insu de la personne qui parle, un énoncé vrai, qui s'accorde malgré le
menteur ou la menteuse, avec la réalité que celui-ci ou celle-ci prétendait cacher à autrui.
Réponse : par exemple, vous pourriez lire Le mur (1939), une des nouvelles de JeanPaul Sartre. Des extraits, ici.
Exercice n°4 : expliquez la définition par Benvéniste de ce que signifie "répondre" : "la
réponse [est] une réaction linguistique à une manifestation linguistique".
Ce texte est passionnant du fait que la profondeur de la réflexion a pour point de
départ une remarque d’une grande simplicité. J’aime beaucoup ce texte.
Mais peut-être n’est-ce pas ce que vous souhaiteriez apprendre sur ce texte.
Vous, vous l’avez aimé, ce texte?
Par exemple, là, nous sommes en train de parler d’un texte. Ne serait-ce que pour
dire qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas. Pour en dire, peut-être, qu’on ne l’a pas bien
compris, ou même pas du tout. Vous avez vous-même écrit à propos de ce texte. Bien.
Avec tout ça, on est au coeur de ce dont parle Benvéniste quand il veut marquer la
différence entre un simple système de communication (chez les abeilles par exemple) et
un langage stricto sensu (chez les humains).
Car parler, être dans le langage, c’est essentiellement « parler à d’autres qui me
parlent » et donc parler de …leurs paroles.
Ce qui est remarquable chez les êtres humains c’est que ce dont ils parlent c’est le plus
souvent d’autres paroles. Discuter, « dialoguer », c’est répondre à ce qui vient d’être dit et,
du seul fait de répondre, offrir à son interlocuteur.e la matériau dont il ou elle parlera à son
tour.
Bref parler c’est produire une « manifestation linguistique » (une prise de parole,
par exemple) en réponse à une autre « manifestation linguistique » (une prise de parole
préalable ou un texte ou un tableau ou … le silence lui-même car le silence n’est pas le
contraire de la parole puisque c’est toujours le silence qui donne la parole).
Des exemples de « manifestations linguistiques »? Dire « c’est vrai », dire
« n’importe quoi! », dire « j’ai déjà entendu dire ça autrefois », dire « qui t’a dit ça? », etc.




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